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PORTRAIT.

Propice à toutes les crétineries, même les plus inimaginables, la période actuelle nous permet de reprendre notre série de portraits qui avait été laissée de côté suite aux plaintes suscitées par celui tout en finesse réalisé sur Sylvain.

                                    FERNANDO, L’ECLECTIQUE.

Si Fernando savait lire et écrire, c’est surement ainsi qu’il intitulerait son autobiographie.

Fernando est né le 23 août 1956 à Cali en Colombie.

Nous ne savons rien de son enfance et d’ailleurs, il faut bien le dire, tout le monde s’en fout, c’était pas chez nous.

Si le football et le cyclisme sont en Colombie les sports les plus populaires, sa passion pour les galipettes, qui ne le lâchera jamais, le pousse vers la gymnastique au grand désespoir de sa grand-mère qui, assurément, aurait préféré en faire un champion de Tejo, LE sport traditionnel du pays (précision qui peut être utile, le Tejo consiste en un jeté de rondelles…).

Gymnaste accompli, il devient, à 17 ans, champion de son pays en exécutant, nu, une roue à la perfection, moment dont tout le monde se souvient encore (mais pas forcément pour la roue).

A 24 ans, à une époque où en Colombie on extermine les homosexuels, les clochards et les éclopés, sa mère, lucide, comprend vite qu’il n’a aucune chance de s’en sortir.

Elle l’envoie dans notre beau pays avec un billet sans retour.

Il se fait malheureusement rapidement berner et est renvoyé rapidement « chez lui », un « supérieur » lui ayant doctement expliqué que si, si, la belle île de Guyane se trouve bien en France.

L’apprentissage du français a malheureusement été toujours une difficulté insurmontable (si bien que sa fille, à qui il n’a pas pu apprendre correctement la langue de Molière, a été contrainte elle aussi de partir en Guyane pour avoir une vie sociale à la hauteur de ses capacités).

Son style pongiste interpelle et suscite les plus grandes interrogations.

Tous ses adversaires, en le voyant tenter d’effectuer un coup droit, reconnaissent néanmoins qu’il est quand même bien malheureux qu’il ne puisse plus jouer avec sa main droite ;

Fernando sait toujours garder sa lucidité après une victoire ; alors que le jeune Nicolas s’extasie immédiatement, notre ami expérimenté, dans une métaphore dont il a le secret, calme immédiatement ses ardeurs :

« Il faut rester humble  ; quant tu b… une moche et qu’un jour tu b… une belle, tu penses que tu ne vas plus b…que des belles… Eh ben non, malheureusement, ça marche pas comme ça ! »

Et, jetant un œil vers Leïla qui l’accompagne ce jour là : « Tôt ou tard, tu repasses au ragoût ».

Ses réflexions philosophiques n’interpellent pas moins ses interlocuteurs.

Qui n’a pas assisté à une passionnante discussion entre Fernando et son exact opposé, l’admirateur des Etats-Unis, vainqueur du dernier tournoi du club, le toujours épatant Bruno L ?

Souvent, quand Fernando lui parle de choses profondes, Bruno aime poser son regard à l’endroit où il semble être le plus à l’aise : dans le vide !

Au club, Fernando est en concurrence en équipe 2 avec un autre joueur né en 1956, Michel L.

Ce dernier, interrogé à son propos, balaie d’un revers de main cette rivalité :

« Fernando ? c’est une blague ? il m’arrive pas à la cheville ! …au contraire de mon zob !!! ».

Il ne fallait pas moins que ce trait de poésie, merci Michel, pour terminer le portrait d’un ami hors du commun, apprécié de tous.

Portez vous bien !

 

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